Ce village d’environ 4.000 habitants, perdu au fin fond du Nord-Ouest du Cambodge est connu de quelques initiés par son temple khmer du XII° siècle, abandonné depuis longtemps à la forêt vierge. Seuls subsistent encore, autour des ruines, d’immenses douves, grands fossés servant de réservoir naturel et dans lesquelles la population du village vient prélever tous les jours l’eau dont elle a besoin.
Depuis le début des années 2000, deux ONG françaises « Espoir en Soie » et « Enfants du Mékong » ont entrepris de ré-introduire une activité économique dans ce village, en créant une « Ecole de la soie » qui forme vingt nouvelles tisserandes chaque année. Le revenu moyen d’une famille de cinq personnes à Bantey Chmar est d’environ 15 US$ par mois.
Le mode de gestion mis en œuvre pour la station de Bantey Chmar est celui du « Petit Opérateur Privé ».
Comme en témoigne François-Xavier Huart, volontaire installé à Bantey Chmar depuis deux ans, ce projet s’ancre véritablement dans une perspective d’aide au développement :
« La station est un succès. Je crois pouvoir ajouter que ce n’est pas sans énerver un certain nombre d’habitants pour lesquels une ONG est une boîte à produire de l’aide, et de l’aide au Cambodge, c’est de l’argent qui coule sans retour attendu. Dans notre cas, on produit de l’eau, qu’on vend, et on garde l’argent en leur expliquant que cet argent sert à payer des salaires, à entretenir l’appareil, à provisionner en prévision des remplacements de lampe UV ou d’éléments qui se dégraderont avec le temps…
Pour moi je puis dire, après deux ans de travail ici, que ce type d’activité me met enfin dans un rapport équilibré avec la population locale : je ne suis plus un généreux donateur, un plouc qu’on trompe, je suis un type qui investit, embauche et vend : la relation s’objectivise enfin… Ce projet est l’archétype de ce dont les Khmers ont vraiment besoin et peuvent attendre de nous : un rapport objectivé et une relations saine de donnant-donnant. »
A fin février 2006, soit 9 mois après le démarrage de l’exploitation, 180 familles du village étaient déjà des clients réguliers de l’exploitation, dont la production se situe à une moyenne de 1.400 litres par jour.
En 2008, la station a été déplacée chez l'opérateur, à proximité des douves où est pompée l'eau brute. Ce déménagement représente une rationalisation de l'exploitation en même temps qu'une réelle prise d'autonomie de l'opérateur Y'Eung Bun Chhean.
La production mensuelle en saison sèche est de plus de 1600 bonbonnes
par mois.